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Dédé
Avec l'aimable participation de Dédé, ovin sorti du troupeau
Philo
Émancipons-nous !


Notre civilisation multimillénaire n’a-t-elle pas suffisamment démontré dans le passé sa capacité à produire de la culture ? Forgeons enfin notre propre spiritualité, selon notre propre référentiel et avec nos propres mots. Prenons notre part dans l’immémorial cheminement spirituel de l’Europe, avec les mots et les concepts de notre temps. Redémontrons que nous sommes aussi capables de créer notre propre culture dans le domaine de la spiritualité.

Ouvrons notre curiosité et notre empathie à l’altérité qui nous éclaire sur notre nature profonde et celle du monde. Par contre, gardons-nous d’une morale de l’altérité qui ne nous est imposée que pour mieux nous effacer. Ouvrons-nous aux divers chemins spirituels que les hommes ont suivi à travers le monde et le temps, et acceptons l’expression spirituelle historique des religions. Par contre, ne perdons pas de vue que le religieux n’est jamais loin du politique, et que derrière les affrontements religieux se jouent des affrontements de cultures et de civilisations. Ne tolérons plus que dans l'espace public, certaines religions, fussent-elles prédominantes dans le pays, insultent le peuple d’accueil – ou ses ancêtres – en s’appuyant sur des textes sacrés présentant ce peuple en inférieur, ennemi ou indigne d’exister, qui présentent comme impures ou abominables ses croyances et ses pratiques, ou qui classent ce peuple parmi ceux qu’elles vouent à l’asservissement ou à l’assujettissement politique ou spirituel. Toute religion aspirant à être publiquement respectée se soit d'abord de respecter les croyances et modalités culturelles et spirituelles, présentes ou passées, du peuple au sein duquel elle officie. Les textes sacrés ont pour eux l’excuse de la distance historique. Cette excuse, les actuels dépositaires de ces religions ne l’ont pas : il leur revient de faire clairement la part de ce qui reste fondateur et actuel dans leurs textes, et de ce qui doit être laissé à l’histoire (comme la vie elle-même, une spiritualité n’est vivante que si elle est capable de renouveau, voire parfois de métamorphose). Tout peuple est en droit de faire respecter la longue continuité historique de son évolution culturelle et spirituelle, sans qu’aucun des épisodes passés, même très anciens, soit condamné et donc coupé de l’ancrage immémorial de ce peuple. Alors seulement la religion sera en droit d’attendre de la société civile le même respect en retour. Les tabous d’une religion ne s’imposent qu’à ses adeptes : le blasphème n’a de sens que pour les tenants d’une religion, il ne peut être reproché à ceux qui n’en sont pas. Cependant le respect entre société civile et religion doit être mutuel. Dans un sens comme dans l’autre, ce respect n’interdit pas la critique (elle lui donne au contraire toute sa force), tant qu’elle n’est pas infâmante : on peut contester les excès dans certaines pratiques (par exemple l’outrance des fêtes païennes romaines liées à la dérive impériale, ou les excès de faste de l’Église à certaines époques). On peut aussi critiquer une croyance ou son mode d’expression. Mais discuter et contester un bien-fondé est une chose, avilir et condamner en est une autre. Que les choses soient bien claires entre les peuples et les religions qu’ils hébergent.

Discuter, manier la controverse : cette liberté n’existe plus aujourd’hui (ne dit-on pas d’un sujet frisant le délit d’opinion qu’il est « controversé » ?). Rétablissons ce qui a fait la force intellectuelle de l’Europe ces derniers siècles : la confrontation sans tabous des idées et des opinions. Réaffirmons qu’il n’est pas de vérité sans réfutabilité, et qu’il n’est pas de réfutabilité sans liberté d’étude et d’hypothèse. Passons au crible tous les miroirs déformants et les écrans de fumée qui nous furent imposés. Les faits sont têtus : révélons tous les mensonges, toutes les omissions. Rééquilibrons ce qui fut rabâché et ce qui fut tu, ce qui fut grossi et ce qui fut minimisé. Revoyons tout avec nos propres yeux. Tournons la page noire de la vérité officielle, de la morale officielle, de l’histoire officielle. Retrouvons notre propre vision. Retrouvons nos propres mots.

Finissons-en avec un universalisme de bas étage qui n’est jamais qu’un impérialisme qui s’ignore. L’universalisme bien compris ne doit pas être la philosophie de l’indifférenciation et du standard, mais celle des fondamentaux qui expliquent les contingences. Laissons à nouveau la vérité émerger de la simple complexité et des particularismes locaux.

Le XXème siècle n’en finit pas de finir. Finissons-en avec les idéologies de masse. C’est à l’échelle de la proximité, en petits groupes, que nos peuples commenceront à reconquérir leur souveraineté. N’attendons rien des gens qui nous regardent de trop haut, ces despotes « éclairés ». N’attendons plus non plus le sursaut illusoire de trop vastes populations. Démarrons petit, par nous-mêmes, en petits comités, entre nous. Unissons-nous, ancrons-nous dans nos territoires, fédérons-nous par accrétion de proche en proche, instaurons parmi nos peuples une autonomie ascendante, en cherchant la cohésion et en fuyant l’indistinction.

Annexes



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