Logo Rhéodémocratie
Dédé
Avec l'aimable participation de Dédé, ovin sorti du troupeau
Philo
Cratos


Le peuple (demos) étant considéré dans toute sa consistance, on peut alors s’intéresser à la façon dont il doit exercer le pouvoir (« cratos ») sur lui-même.

Dans les pays développés, le mécanisme politique est actuellement archaïque en regard de la complexité de nos sociétés modernes. L’État, son président et sa poignée de ministres, l’assemblée parlementaire et sa poignée de partis politiques, détiennent d’énormes pouvoirs sur la marche de la société entière. Cela évoque un énorme sauropode du jurassique, dont le comportement était régi par un cerveau minuscule. Un système politique évolué institue au contraire une gouvernance basée sur une intelligence répartie, tout comme un animal évolué dispose d’un cerveau évolué structuré en de nombreuses fonctions cognitives réparties sur plusieurs strates. L’intelligence collective dépend moins de l’intelligence des individus que de l’intelligence du système. Le progrès en la matière passera par le localisme.

La démocratie s’appuie techniquement sur un système politique tel qu’une république, une monarchie constitutionnelle… Mais elle n’est effective que si la dynamique de ce système est elle-même issue du peuple. En effet, même initialement basé sur un principe démocratique, un système politique peut se fossiliser peu à peu, se vider de son ancrage populaire et, telle une coquille vide squattée par un bernard-l’hermite, être investi par une caste dirigeante motivée essentiellement par le maintien de sa situation. La démocratie n’est alors plus que de façade, les « valeurs » ne sont plus que des mots, le peuple n’est plus souverain et court le risque d’être livré à des intérêts qui ne sont pas les siens (ceux d’un empire, par exemple).

Nos démocraties sont fondamentalement malades car elles sont de moins en moins assises sur les peuples. Elles oublient que « démocratie » signifie « souveraineté du peuple ». Et de fait, nous avons un problème de représentation populaire. Le divorce entre le peuple et les élites ne cesse de se creuser. Pourtant les élites politiques sont élues par le peuple. Paradoxal ? Non, au contraire, c’est logique : le politicien qui veut être élu doit séduire, faire plaisir, faire des promesses. Le suffrage universel sélectionne donc naturellement les meilleurs démagogues. Démagogues pendant la campagne, en promettant ou proposant des choses dont le candidat sait pertinemment qu’il ne les appliquera pas une fois au pouvoir, soit qu’il ne le pourra pas, soit qu’il ne le voudra pas. Démagogue après la campagne, une fois aux responsabilités, en évitant de prendre des mesures impopulaires mais nécessaires ou en prenant des mesures destinées seulement à masquer ce qui ne va pas. Et les démagogues élus font tout pour être réélus, ce qui ne les pousse pas au courage politique dans une vision à long terme.

Le peuple connait mal les prétendants et se laisse facilement influencer par leur démagogie, mais aussi par les campagnes de propagande électorale ou médiatique. Connait-on vraiment ceux que nous élisons ? Connait-on vraiment les réseaux de chacun ? Sait-on vraiment d’où ils viennent, qui les propulse, qui les finance, de qui ils sont redevables ? Soyons francs : en général nous ne savons pas pour qui nous votons, et nous sommes très influençables dans nos choix. Même le parlementarisme est malade, avec des parlementaires plus liés à la logique des blocs de partis qu’aux intérêts des citoyens de leur circonscription.

Annexes



Changer la taille du texte