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Dédé
Avec l'aimable participation de Dédé, ovin sorti du troupeau
Philo
ANNEXE
Quelques grands principes civils.


Parmi d’autres, voici quelques prises de position sur quelques éléments, histoire de proposer une base de discussion.

 
La propriété privée

La propriété privée est à l’individu ce que le territoire est à la nation. Le droit à la propriété privée confère au citoyen sa souveraineté sur un territoire personnel qu’il équipe et gère selon sa propre nature et sa propre culture individuelle. Cette souveraineté n’est évidemment pas illimitée : elle s’inscrit dans le cadre des lois civiles de la nation.

La propriété privée est un élément essentiel de la reconnaissance de l’individu comme composant actif dans la société (laquelle se définit comme résultant de la composition de ses individualités). Elle permet à chacun de s’organiser matériellement pour réaliser ses aspirations et maîtriser (autant que faire se peut) son destin, et à la société d’être riche de la diversité des potentiels et des activités de ses membres.

Lorsqu’une propriété privée est associée à une main d’œuvre d’une certaine importance (cas d’une usine, d’un grand commerce…), le propriétaire est souverain sur la mission de l’entreprise (dans le cadre des lois) mais pas sur la gestion interne du personnel. En effet, le respect de l’équité entre les citoyens commande que toute organisation humaine d’une structure publique ou privée soit conforme à l’éthique définie par la nation, et qu’elle respecte notamment sa forme démocratique.

 
Solidarité nationale et assurances

La solidarité nationale est à distinguer de l’assurance mutuelle : une assurance couvre un risque accidentel (dont l’aléa est à peu près équivalent pour tous les assurés), tandis que la solidarité consiste en la prise en charge collective de prestations considérées comme relevant de l’effort national (allocations de scolarité, aide aux handicapés…).

L’assurance est du domaine privé, la solidarité nationale est du domaine public (la prestation est privée mais financée par la nation).

Dans le domaine particulier de la santé, il faut distinguer les cas accidentels (au sens indiqué ci-avant) et les cas spécifiques à l’individu (handicap, faiblesse immunitaire, maladie chronique ou génétique…). L’assureur prend en charge l’accident, mais c’est à la nation de prendre en charge le handicap.

La solidarité ne doit pas tenir l’homme debout, mais lui permettre de se tenir debout. C’est toute la différence entre l’assistanat et la solidarité. L’assistanat ne respecte pas la dignité humaine.

 
Principe économique

A l’intérieur du système social structuré par son identité culturelle et ses valeurs, le système économique définit l’espace dans lequel les hommes doivent pouvoir librement produire et distribuer les biens et les services que la société aspire à utiliser. L’Économie n’a pas de fin en soi : c’est un outil supervisé par le politique.

Pour autant l’économie n’a pas à être dirigée par le politique : elle doit s’exercer dans un cadre défini certes par le politique, mais un cadre qui doit permettre un exercice aussi libre et naturel que possible.

Le système économique a vocation à satisfaire les besoins en biens et en services de l’ensemble de la société. Chacun doit être en mesure de satisfaire ses besoins propres, en les échangeant contre un service rendu (le système économique est déficient si certaines catégories de citoyens en sont exclus). Le citoyen doit être au cœur du système économique, qu’il soit entrepreneur, travailleur ou consommateur.

Le système économique doit intégrer la logique territoriale : une trop grande dépendance économique dans certains secteurs stratégiques tels que l’agroalimentaire ou l’énergie peut conduire un territoire à laisser les fournisseurs étrangers peser sur sa souveraineté. Il est donc vital que, à quelque niveau territorial que ce soit, un territoire soit aussi autosuffisant que possible (dans les cas où ce n’est pas possible, le territoire doit diversifier ses sources d’approvisionnement afin d’assurer sa sécurité stratégique).

 
Le libéralisme économique

Comme tout impérialisme, qu’il soit planifié (système soviétique) ou sauvage (système ultra libéral), l’impérialisme économique nie les peuples et leur territoire. Or le système économique doit être avant tout un outil au service des peuples.

Le tissu économique doit être entre les mains des citoyens. L’initiative économique et le travail doivent être libres, accessibles, à la portée du plus grand nombre. Le principe de l’économie libérale consiste en cette culture économique élaborée par et pour les citoyens dans leur ensemble.

Le domaine libéral est limité à l’espace concurrentiel effectif. Les monopoles de fait sont obligatoirement étroitement encadrés par la sphère politique s’il sont détenus par des entreprises privées, ou font l’objet d’entreprises publiques. Parmi les monopoles incontournables figurent notamment les domaines régaliens tels que l’aménagement du territoire (implantation d’infrastructures et de réseaux).

A l’intérieur d’une entreprise publique, les domaines ouvrables au secteur concurrentiel doivent l’être (sous-traitance). Dans les domaines stratégiques (comme celui de la défense), des cadres peuvent être définis pour l’intervention du secteur privé, plus ou moins contraignants selon la sensibilité du domaine.

Dans des cas extrêmes où le contrôle national est vital, l’entreprise publique est admise dans un secteur concurrentiel, par exemple dans le domaine de la conception et de la production de produits à très haute valeur stratégique sur le plan régalien (notamment dans le domaine de la défense). Inversement, les entreprises privées prégnantes sur l’économie ou le mode de vie du pays, et que l’absence ou le petit nombre de concurrents mettent à l’abri d’une réelle concurrence, doivent être mises sous contrôle publique (sous contrôle, pas sous tutelle).

Activité bancaire :

Le secteur bancaire est privé. Cela étant, la monnaie figurant parmi les prérogatives régaliennes, les banques ne peuvent émettre de la monnaie, et leur activité est étroitement contrôlée par le politique. La loi encadre l’activité de crédit et fixe un taux d’endettement maximum des ménages.

La loi protège également la monnaie contre les monnaies étrangères qui ne seraient pas gérées avec la même rigueur, en instaurant des cloisons pare-feu, notamment pour éviter une contagion par des mécanismes de reprise de prêts ou d’investissements spéculatifs. Cette protection permet de prémunir la nation contre de graves crises économiques propagées depuis l’étranger.

La vocation première d’une banque est de prêter l’argent des déposants, lesquels acceptent d’immobiliser à cet effet une partie de leur dépôt (contre rémunération). Ce dépôt doit être garanti par la banque. Celle-ci gagne sa vie (et compense le risque inhérent au prêt) sur les intérêts liés au remboursement de ces prêts.

Le principal financement de l’économie doit provenir du prêt. Celui-ci n’est consistant que s’il s’inscrit dans l’économie réelle (toute opération entraînant une création artificielle de monnaie doit être légalement interdite). Les revenus purement spéculatifs (c’est-à-dire ne correspondant à aucun service rendu) sont considérés comme parasites et doivent être neutralisés par l’impôt.

La bourse :

La vocation première de la bourse est de permettre au marché de procéder plus facilement à ses échanges et à la fixation des valeurs d’échange.

Là aussi, il est nécessaire de limiter les transactions boursières à l’économie réelle. Dans les cas de spéculation manifeste, les mêmes biens sont achetés sur le marché puis revendus tels quels plus cher, sans avoir été physiquement livrés, parfois même sans que l’argent ait été avancé. A l’extrême, un achat en masse permet de raréfier l’offre du bien, donc d’augmenter artificiellement sa valeur et d’en tirer profit.

Éthiquement proscrites parce que ne rendant aucun service économique, de telles pratiques spéculatives doivent être découragées par une taxation dissuasive.

La spéculation sur la valeur des entreprises doit être également découragée, notamment en interdisant la dissémination du capital des sociétés en une grande quantité de titres de très faible valeur (cela exclut d’office la myriade de petits porteurs qui spéculent sur les entreprises sans prendre part à leur activité). Idéalement, le capital doit être constitué par l’équipe entrepreneuriale, et complété le cas échéant par l’emprunt (qui rend service) plutôt que par l’émission de titres à vocation spéculative. Une fois que la société a trouvé son allure de croisière, l’augmentation du capital devrait normalement provenir des marges réalisés, complétés par l’emprunt. Cela permet de favoriser le maintien d’une vocation entrepreneuriale à la tête de l’entreprise, y compris lors d’une transmission (ce principe n’empêche pas les investisseurs de faire travailler leur argent, mais ils doivent alors le prêter plutôt que de le placer). Le financement de l’économie est ainsi assis sur des bases saines car il met le pouvoir économique aux mains des entrepreneurs plutôt que des spéculateurs.

L’entreprise :

La vocation principale de l’entreprise n’est pas de gagner de l’argent mais de rendre un service. L’entreprise est fondée à vivre une aventure économique, et non financière. Les politiques économiques fondées sur la promotion des cœurs d’activité sont plus saines que celles qui se focalisent sur le travail de l’argent.

La formation de grands groupes d’entreprise détruit souvent la concurrence en la limitant à quelques acteurs qui peuvent facilement mener une politique d’entente. L’entreprise privée étant réservée au secteur concurrentiel, il appartient au pouvoir politique de dissoudre ce type de grands groupes lorsque les conditions d’une vraie concurrence ne sont plus assurées.

De plus, les très grosses concentrations financières d’intérêts privés présentent, par leur puissance, une menace pour la souveraineté des nations.

Hormis dans le cas de microstructures, une entreprise doit gérer ses employés dans un système de démocratie interne (l’équipe entrepreneuriale reste cependant maîtresse de la destination de l’entreprise, des grands choix stratégiques et de la structuration de l’organisation humaine à l’intérieur de ce cadre démocratique). En effet, la souveraineté que confère la propriété privée ne s’étend pas à la gestion interne de l’organisation humaine : celle-ci fait partie intégrante de l’espace citoyen.

Afin que l’entreprise reste un milieu de coopération et non d’exploitation humaine, un coefficient largement évalué (fixé par le politique) doit définir la proportion maximale éthiquement admise entre le plus haut et le plus bas salaire pratiqué à l’intérieur d’une même entreprise ou d’un même groupe d’entreprises. Cette disposition présente aussi l’avantage d’éviter les concentrations en favorisant la répartition d’une même activité en entreprises étroitement liées, différenciées par secteurs (ingénierie, fabrication…). Le tissu économique est ainsi plus stable car maillé par un grand nombre d’entreprises petites et moyennes, la très grande entreprise faisant figure d’exception.

La représentation syndicale dans les entreprises doit être strictement proportionnelle aux adhésions. Comme tout organisme civil, un syndicat doit être doté d’une démocratie interne.

Considérations écologiques de l’économie :

La nature n’a pas été créée pour l’homme. Elle n’en est que l’environnement, partagé par l’ensemble des espèces vivantes. L’homme doit y avoir sa place, mais pas toute la place. La pérennité des ressources naturelles renouvelables doit être respectée. De plus, l’exploitation et la domestication de la nature doit ménager suffisamment d’espaces libres pour que les écosystèmes et la diversité naturelle soient préservés. Cette exploitation ne doit pas compromettre l’avenir des hommes ni celui de leur environnement naturel.

Le cycle de production / utilisation / destruction des biens de consommation doit être aussi fermé que possible, avec un recyclage systématique et aussi court que possible des matières et des énergies, pour un impact aussi faible que possible en terme de prélèvements naturels et de rejets.

La relocalisation des circuits production / consommation et le retour à la consommation des produits de saison entre dans ce cadre, avec le souci d’éviter une surconsommation inutile d’énergie fossile. Outre sa justification écologique, cette relocalisation vise également à conforter l’autosuffisance vivrière des territoires locaux, et contribue à maintenir les terroirs.

Le recyclage est particulièrement important s’agissant des matières organiques et hydrocarbonées, soit pour produire de la matière (plastiques, papiers et cartons…), soit pour produire de l’énergie (valorisation des déchets du bois, méthanisation des déchets agricoles et ménagers…). Il s’agit en effet de limiter autant que possible l’usage du pétrole, dans un but à la fois écologique et stratégique.

L’économie n’a pas vocation à servir une course éperdue à l’accumulation de richesses. La « croissance » n’est pas essentielle au bon fonctionnement de l’économie. Le système économique a simplement vocation à couvrir les besoins et aspirations matériels de la population, au gré desquels certaines activités apparaissent ou disparaissent dans une activité globale qui peut être à la fois viable et stable. De plus, la surproduction de richesses et l’accumulation démesurée des biens tendent à dévaloriser culturellement ces biens en ne les liant plus au travail, à l’inventivité, à l’étude, et de façon générale à tous les efforts qui ont présidé à leur élaboration. Or l’activité économique doit respecter la valeur humaine.

Préserver la cohésion sociale et nationale :

Une certaine disparité entre les revenus des citoyens est normale, chacun n’ayant pas les mêmes aspirations ou dispositions naturelles pour rendre des services rémunérés. Il n’est indigne ni de gagner peu d’argent, ni d’en gagner beaucoup.

Cependant, les revenus s’élevant sans commune mesure au dessus de ceux de la classe moyenne sont propices à la formation de castes économiques détachée des réalités, des contraintes et des aspirations du corps social, avec le risque que ces castes servent des intérêts contraires à ceux de la nation. Pour empêcher cela, un coefficient très largement évalué doit définir la proportion maximale éthiquement admise entre le plus haut et le plus bas revenu pratiqué à l’intérieur du corps social, le seuil maximal étant écrêté par l’impôt.

À noter que la fonction régalienne de l’Immunité protège la nation contre le versement massif d’argent à des associations, à des fins subversives.

 
L’Éducation

Considérations générales :

L’éducation n’est pas utilitariste. Elle ne vise pas à formater un individu, mais à lui permettre de s’épanouir au mieux de ses potentialités dans sa société et sa culture. Cela passe par le respect de la nature profonde de la personne et de l’évolution de sa maturité. Il faut notamment mettre fin aux grosses machines scolaires où l’on élève de façon standard des étudiants en batterie. L’éducation de masse indifférenciée est obsolète.

L’éducation vise à former en l’élève une culture dynamique où la connaissance suscite l’étonnement et la recherche de l’essence des choses. Elle ne doit en aucun cas programmer l’homme comme un automate apte à apprendre et restituer mécaniquement des connaissances et des procédures (« science sans conscience n’est que ruine de l’âme », disait Rabelais). On ne fait pas éclore des talents et des motivations dans un système d’apprentissage passif : l’éducation doit faire de l’élève le moteur principal de son propre cheminement, l’environnement éducatif n’étant là que pour fixer un cadre structurant. De l’enfance à l’adolescence, l’élève doit être progressivement amené à aller de lui-même vers la connaissance par l’initiative, l’expression, l’entreprise, l’expérimentation, l’action. L’enfant accepte volontiers d’être étroitement dirigé, mais l’adolescent a impérieusement besoin de prendre de l’autonomie pour bien se construire. Un adolescent épanoui est moteur de ses acquis, et prend plaisir à connaitre. Il est contre nature que des armées d’ados s’ennuient à mourir au Collège… Un jeune ne devrait jamais « subir » un enseignement. Il doit être conduit à désirer découvrir et s’approprier une culture. L’Éducation peut alors se permettre d’être exigeante et rigoureuse, car elle ne soumet pas, mais forme des êtres libres.

L’éducation doit prendre diverses formes, la forme scolaire n’étant qu’une parmi d’autres. D’ailleurs l’individu s’éduque essentiellement de lui-même, dans le milieu social, par mimétisme : la société doit être ouverte aux enfants et aux jeunes, leur permettre d’observer, d’agir, d’expérimenter, de vivre des succès et des échecs, et de faire ainsi leur propre cheminement culturel.

La façon dont sont éduqués les jeunes conditionne la façon dont ces futurs citoyens s’impliqueront plus tard dans la société. Une Éducation bien pensée capitalise l’énorme potentiel de dynamisme et de motivation de la jeunesse, et prépare des êtres libres. À l’inverse, une Éducation massifiante, passivante, subie, source d’ennui et de résignation, prépare de futurs procéduriers sans âme pour une société d’« esclaves consentants ». Les choix d’Éducation sont cruciaux pour l’avenir d’une société démocratique.

Considérations politiques :

Il en va de l’Éducation comme de tout autre domaine régalien dans un système libéral bien compris : la nation fixe des normes qu’elle contrôle, les citoyens créent et animent l’activité dans le cadre de ces normes. Sur le plan éducatif, l’État se charge de fixer la teneur des diplômes nationaux, ainsi que d’organiser les examens correspondants. La solidarité nationale prévoit des bourses scolaires ou d’études supérieures.

Les citoyens ont toute liberté pour créer et gérer des établissements scolaires, et de proposer leur propre méthode d’enseignement. L’État peut favoriser une distribution harmonieuse de ces établissements en apportant des aides dans le cadre de l’Aménagement du territoire, voire en créant des établissements scolaires et universitaires. Comme pour tout autre domaine du secteur privé, l’activité d’enseignement est encadrée par la loi et contrôlée par l’État.

La répartition verticale des prérogatives territoriales dans le système rhéodémocratique permet d’envisager une Éducation relocalisée dans ses méthodes et sa dynamique, une école à taille humaine soucieuse de bonne pédagogie. Comme en d’autres domaines, l’Éducation constitue une fédération dotée d’une démocratie interne.

Annexes



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