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Dédé
Avec l'aimable participation de Dédé, ovin sorti du troupeau
Philo
À toi, ami des peuples


Cher anonyme,

Je t’écris car il y a beaucoup à dire, et beaucoup à faire.

Nous ne nous connaissons pas, mais quelle importance ? Je suis Éric, Français. Anonyme moi aussi, et je m’en trouve bien. Sans réseau, très loin des microcosmes médiatiques, politiques et financiers. Affilié à aucun mouvement politique, philosophique ou religieux. Je ne te parle qu’en mon nom, et ne représente aucune organisation, même indirectement. Voilà qui devait être dit. Donc je ne recrute pas. Je ne vends rien. Je jette simplement une bouteille à la mer, un prêche dans le désert. Mais je ne pense pas parler dans le vide, car le désert est plein d’anonymes comme nous.

Cher anonyme, je te parle en défenseur de la cause des peuples. Pour moi le peuple est autre chose que le concept désincarné que nos despotes éclairés instrumentalisent en nous berçant d’espérance, et en déplorant des crises qu’ils nous présentent comme des catastrophes naturelles. Le peuple n’est ni le gros ventre mou auquel aspire la haute finance, ni la populace immature qu’une Élite pourrait berner indéfiniment. Il sa personnalité, son autonomie, sa dignité. Et certains ne vont pas tarder à le redécouvrir.

Si c’est aussi ton avis, cher anonyme, c’est à toi que je m’adresse ici.

Cher ami, je t’écris car nous aurons à bâtir autre chose sur les ruines prochaines de notre république vermoulue. Mais avant de prétendre reconstruire la démocratie, encore faudra-t-il comprendre ce qui la détruit, afin de mieux la renforcer. La question est donc de savoir pourquoi notre république se délite (et plus généralement l’ensemble des démocraties occidentales). La raison de fond est simple : c’est parce que depuis longtemps elle ne détient plus le pouvoir. C’est la dure loi de la nature : un régime qui perd de fait sa souveraineté est fragilisé, puis délégitimé, puis remplacé. Mais alors, par qui notre vieille république fût-elle détrônée ? Par ceux qui ont profité de nos faiblesses pour bloquer un mécanisme fondamental de la maturation politique et de l’autonomie des peuples : la démocratie d’opinion. Par ceux qui détiennent la parole publique depuis des décennies : les médias audiovisuels.

Annexes



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